mardi 21 avril 2026

 


 LES MAINS DES TRAMES

Les mots en leur souffle disent
toutes les mains des trames
Quand l’arbre fleurit
sable et soleil rient
à fendre
à prendre
aux portes des danses
les portées des hanches
aux ruelles d’aubes et d’épis
L’ampleur des cris épris
fait scintiller
les naissantes plumes
offertes en transes
aux encriers des cieux
Et l’air alors se libère
pour rechanter nos pas
et leurs rêves de braises
in "Chante, aube, que dansent tes plumes!"
Mon dessin




 Carreaux

Carreaux noirs
Carreaux blancs
La feuille tournoie
Rêve encore de l’arbre
Qui jamais ne ploie
Une vague se fait entendre
Le ciel porte les linceuls fleuris
Qui se déploient
Jusqu’au lit d’un nuage
Carreaux rouges
Aux feux du vent
© Mokhtar El Amraoui in "Chante, aube, que dansent tes plumes!"
Illustration: mon collage




 LUISANTES AURORES

Le grain qui germa dans le sillon de ta chaleur
A fermé toutes les portes de l’oubli.
Ses fleurs récitent les cantiques des mains
Qui portent les cieux d’oiseaux libérateurs.
Tes yeux les protègent, nids de musique et d’amour,
Pour les guider toujours vers d’autres semences,
En étoiles suant de roses et de belles attentes,
En quais d’aurores luisantes,
Ors de levers et de rires partagés !
© Mokhtar El Amraoui in « Le souffle des ressacs »
Mon dessin





CIEL EN LAMBEAUX


Le clapotis des vagues bat les cartes effritées.
Les rames nerveuses découvrent
Le rire désargenté des écailles explosées
Et le jasmin rouillé d’une dernière soirée
Sans parfums ni lendemains.
Le chat édenté ne peut plus miauler.
Il pose ses pattes sur chaque rive du canal,
Pour avoir, des pêcheurs,
Quelques têtes de sardines éméchées.
Une ombre chancelante jette toute grondante
Comme une lune fracassée contre le phare vert
La bouteille d’alcool à brûler en plastique,
A flamber les veines pisseuses
D’un vieux soleil fou fatigué
Qui s’étrangle
Dans les tourbillons nerveux
Des cordes d’un oud fané
Qu’on asphyxie
Comme une grenade pourrie,
Tête ensanglantée
Qui vomit toutes ces promesses non tenues !
Les griffes noires du ciel en lambeaux
Ecrivent sur les remparts
Les cris bouffés par le sel de la morte lune !
© Mokhtar El Amraoui in « Le souffle des ressacs »
Tableau de John Constable





 SENTEUR DE COURBE

Juste un doigt sur la buée
Pour faire courir un arbre.
Une courbe est toujours
Une senteur à venir
Un saut élastique d’azur
Dépliant son accordéon de fleurs
Et le frémissement d’un appel
Qui te prend dans son sein mielleux !
© Mokhtar El Amraoui in «Le souffle des ressacs »
Mon dessin







samedi 22 mars 2025

Bonne journée mondiale de la poésie MAGIQUE POÉSIE

 Bonne journée mondiale de la poésie

MAGIQUE POÉSIE
Poésie reine des arts
Tu les conduis de ta baguette
Vers l'essence magique des lieux
Des choses de l'Être dansant
Dans son feu premier et ses racines
Et les mots par toi reprennent libérés
Leurs chaudes frétillantes parures
Bien loin des fades protocoles
Du bas blême cannibale utilitaire
Poésie tu es explosion des riantes couleurs
Avec toi reviennent les frissons
Des émerveillements en leur acuité
Loin des prisons des habitudes et routines
Chaque tierce est rendez-vous avec l'éternité
Belle généreuse sorcière tu sais offrir
Des ailes pour s'envoler jusqu'aux étoiles
Tu en fais réverbères pour l'amour rêveur
En tes fantastiques anamorphoses
Les créatures échangent leurs places et rôles
Poésie tes vers tissent sans cesse
Tout l'immense univers en grains en gouttes
L'échelle d'appréciation n'est plus ségrégation
Tout a grande valeur dans une incessante fête
De nouveaux infinis horizons et trames
Poésie tu es du cosmos la profonde âme
© Mokhtar El Amraoui in "Nouveaux poèmes"



samedi 8 mars 2025

MERCI, FEMMES ! Bonne fête à toutes les femmes!

 MERCI, FEMMES !

Bonne fête à toutes les femmes!
Femmes
Des fibres de vos nerfs et insomnies
Vous offrez vos généreux douillets nids
Vous abritez la vie en naissance en croissance
De votre incessant labeur de vos souffrances
Bien plus que moitié tue tuée de l’univers
Vous êtes son âme oui Femmes son essence
Soyez-en fières nobles altières
Que d’horribles ingrats veulent sous terre
Faire taire dans l’obscure silencieuse misère
Vous avez refusé basses supplications
Prières enchaînées et soumissions
Vous êtes les tonitruantes matrices
De toutes les révolutions
Leurs vaillantes génitrices
Un seul non de vous
Vous qui allaitiez les ailes
Des premiers noms
Debout partout arrêterait tout
Joies chemins de jolies voix et fêtes
Tout deviendrait, Femmes, en l’âme,
Pour tout être, sèche défaite
De ses rêves, envols et quêtes
Un seul oui de vous fait renaître la vie
S’envolent angoisses et soucis
Un oui refusant tout esclavage et mépris
Femmes
Vous êtes rassurantes consolantes
Douces et fraîches ombres des confidences
Dans l’enfer de leurs nuits sombres
Lumière pour les routes ardues des désemparés
Les protégeant de vos stellaires caresses
Offrant de vos profondeurs sans nombre
Le lait de votre sang jusqu’à liesse
Merci, Femmes
Vous qui vous adonnez
Sans compter au bonheur de l’humanité
Merci vous qui jamais n’abandonnez
Votre noble combat pour la liberté et la dignité
Merci, merci, merci, Femmes
Donneuses d’amour de vie et de paix
© Mokhtar El Amraoui in «Nouveaux poèmes »



vendredi 21 février 2025

L’ARGILE DE TES LUMIÈRES

 L’ARGILE DE TES LUMIÈRES

à Khalti Jomaa Selmi
la Doyenne des Potières de Sejnane. Allah yar7mek wi na3mek
Paix à ton âme
L’argile et l’eau accueillaient la magie de tes mains
Qui les baptisaient des youyous de leurs lumières
Tu savais traverser tant d’obscures hostiles nuits
Et faire taire les cris des loups assoiffés de sang
Pour laisser danser et chanter en leurs fleurs et fêtes
Tes poupées racontant tant de peines et de joies
De cœurs vaillants pétrissant patiemment les doux feux
De paisibles joyeux rêves sans larmes ni soucis
© Mokhtar El Amraoui le 21 février 2O25
Illustration du Net



mardi 18 février 2025

Chants de retour

 Chants de retour

Le soleil s’est habillé de ses oiseaux
Rouvrant de leurs chants les chemins du retour
Et les ascendantes sources des retrouvailles
Faisant rire le doux pain partagé de la fière sueur
Aux dansants feux du sang d’un digne bonheur
© Mokhtar El Amraoui le 18 février 2025
Mon dessin



vendredi 14 février 2025

Au soleil

 Au soleil

Cette houle renouvelée d'oiseaux chante
Sous la généreuse houlette de la lune
Elle recompose la lumière des plumes
Pour l'offrir au soleil que leurs nids ont hébergé
Quand la perfide obscurité voulait le noyer
© Mokhtar El Amraoui le 10 février 2025
Illustration du Net




 

dimanche 2 février 2025

Valse

 Valse

Naître d'une valse d'herbes et de fleurs
Dans le vent répondant au rire coloré
Du papillon géomètre dansant attelé
Au roucoulant lumineux nectar céleste
© Mokhtar El Amraoui le 24 janvier 2025







Libre chant-sang

 Libre chant-sang

aux nobles martyr-e-s du 26 janvier 1978
S'il ne chante pas la liberté
Le sang n'est qu'une ponctuation en pantoufles
Pour une éternelle nuit emmurée
Il doit être tonitruante insurrection
Avançant de toutes ses veines
Pour broyer de sa sublime colère
Les trous d'enterrement des serviles obéissances
Les chaînes et niches des vils soumis silences
Qu'il s'envole jusqu' aux cimes des rêves
Réveillant l'indomptable aigle
Qui n'accepte pour son envergure
Que l'immensité de l'insoumission
Et son solaire rire des fières lumières
Pour que la vie mérite son nom
Le sang doit être inextinguible volcan
© Mokhtar El Amraoui le 26 janvier 2025
Illustration du Net



jeudi 23 janvier 2025

Rêves

 Rêves

Chants volant au vent
Pollen de rires sauts amusés
Guéant étoiles et nuées
Comme en douce marelle d'eaux
Aux chauds regards d'appels
D'espiègles poissons et mouettes
Il en naît libre un dansant soleil de mains
Arborant les scintillants bouquets d'accueil
Sur leurs chemins parfumés de rêves
© Mokhtar El Amraoui in "Nouveaux poèmes"
Illustration du Net



mercredi 15 janvier 2025

Confidences ailées

 Confidences ailées

A chacun de tes pas tu rêves de t’envoler
Te libérer de tant de lourdeur
De pesanteur et pesantes heures
De boue de dédales où tu te sens enchaîné
Debout sur chaque feuille découpée
En forme d’ailes déployées
Tu envoies au vent des lettres émerveillées
Que tu signes d’une myriade de plumes colorées
Tu lui dis tendrement que tu l’as toujours aimé
Qu’il est ton confident ton fidèle allié
Car il sait cacher tous tes secrets
Au creux de ses cris et sifflements
De ses plaintes chants et gémissements
Toi seul les reconnais tes confidences
Quand il te salue de tous les arbres feuillus
De toutes les voiles de tous les tissus
Qui frémissent ondoient et dansent
Surpris par l’appel imprévu qu’il lance
Tantôt en souffle amusé de belle transe
Tantôt tout en douleurs et souffrances
Disant la vie dans toutes ses couleurs et nuances
© Mokhtar El Amraoui in « Nouveaux poèmes »
Mon dessin



samedi 11 janvier 2025

Ce n'est pas de la fiction, fiston!

 Ce n'est pas de la fiction, fiston!

En dévorant son hamburger, l'enfant dit:
"Bof! C'est Ghaza qui brûle comme d'habitude!
Change de chaîne, maman!
--Non, non c'est tout près de chez nous, à Hollywood et ce n'est pas de la fiction!
Vite, vite, sauvons-nous, fiston!"
Blessé, en brisant de frayeur la bouteille, il cria: "Ce n'est pas du ketchup, c'est mon sang, c'est du vrai sang! c'est du feu, du vrai feu, comme à Ghaza maman, comme à Ghaza, maman!"
© Mokhtar El Amraoui le 10 janvier 2025